Et c'est ainsi que j'ai commencé à écrire."
Paul Nitzos ( ... - 1995)
03/03 - 18h40 - Marseille (train/intérieur nuit)
Suite de moments s'enchaînant tous vers celui-ci.
La nuit tombe sur les tours. Les entrepôts. Je voudrais qu'une vague déferle sur la ville et noie toute la vermine qui s'y terre. Rorschach et Norton enroulés en double hélice autour de mes poignets.
Où que l'on aille, on emporte sa ville avec soi. Europe est une maison de poupée. Nous la sillonnons avec les mêmes sacs à dos. Paris, Londres, Madrid... Et si Europe n'en fini plus d'agoniser, alors Sarajevo, la Ville des Morts, doit être son pinacle resplendissant.
Nitzos déclara "L'abolition de l'homme" dans les années 90. Soit il y a juste dix ans.
Il y a dix ans, cette sentence m'a figée pour me donner un visage, celui que j'aurais toujours, porté comme un masque, décomposé, creusé, mobile.
Nitzos n'a jamais achevé son journal. "Epic fail" de la génération X.
Selon le Dr Shapin, il aurait été tué dans une zone de combat proche de Goražde, une des trois enclaves bosniaques, avec Srebrenica et Žepa, entourées et assiégées par l'armée de la République serbe de Bosnie.
En avril 1993, elle devient un espace de sûreté (sic) dans lequel l'ONU devait protéger la population civile des attaques. Entre le 30 mars et le 23 avril 1994, les Serbes lancent une offensive majeure contre la ville. Pratiquement tous les casques bleus de l'ONU quittent la ville, 694 soldats et civils sont tués et 1 917 blessés avant le terme de l'offensive.
Je vais tâcher de prendre le relais, pas sûre d'y parvenir.
Tâcher au maximum, en territoire Zéro, de n'être rien, et l'enfant de personne.
Témoin Y.
Journal 2.0
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